"Je ne sais pas ce que je veux faire plus tard..." : ce que cette phrase signifie vraiment
"Je ne sais pas ce que je veux faire."
Cette phrase revient à chaque rentrée, prononcée par des collégiens et lycéens pourtant loin d'être sans ressources ni sans envies. Il suffit parfois de vingt minutes de conversation pour découvrir un adolescent capable d'organiser seul un tournoi en ligne pour cinquante joueurs, ou de passer des heures à dessiner des personnages qu'il invente ou encore d'être expert d'un sujet qui le passionne. Rien de tout cela ne lui est jamais venu à l'esprit comme ayant un rapport avec son orientation.
Une phrase mal interprétée
Ce qui manque, le plus souvent, c'est un espace où quelqu'un lui a demandé, sans attendre une réponse précise en retour, ce qui compte réellement pour lui.
Un adolescent qui répète "je ne sais pas" a généralement déjà entendu la question posée autrement : "tu veux faire quoi plus tard ?", "tu as pensé à telle filière ?". Des questions qui, sans le vouloir, appellent une réponse toute faite : un métier, une filière, plutôt qu'une exploration. Face à cette attente implicite, le silence ou le "je ne sais pas" deviennent la réponse la plus honnête possible.
Ce qui se cache derrière le blocage
Trois situations reviennent le plus souvent derrière cette phrase.
Le jeune a des intérêts, mais ne les relie à rien de scolaire. Une passion pour un jeu vidéo, un sport, la musique peut révéler des qualités précises (sens de l'organisation, créativité, goût du détail, aisance à l'oral) qui n'ont simplement jamais été nommées comme telles.
Le jeune a peur de se tromper, davantage qu'il ne manque d'idées. Certains ont en réalité une petite idée, mais préfèrent dire "je ne sais pas" plutôt que de formuler un souhait qui pourrait être jugé irréaliste, ou décevoir.
Le jeune a été sursollicité sur le sujet. À force d'entendre la question à chaque repas de famille, certains finissent par s'en couper complètement, par lassitude ou par saturation.
Ce que permet un accompagnement extérieur
Un tiers, extérieur au cadre scolaire et familial, change souvent la donne. Sans enjeu de notes, sans jugement ni crainte de décevoir un parent, la parole se libère différemment. C'est précisément ce que vise un bilan d'orientation : non pas fournir une réponse à la place du jeune, mais l'aider à formuler la sienne, à son rythme, et lui redonner la place d'acteur de sa propre orientation plutôt que de spectateur passif.
Une première étape sans engagement
Si votre enfant est de ceux qui répondent "je ne sais pas" chaque fois qu'on lui pose la question, la séance découverte constitue un premier échange, sans engagement, pour explorer ce qui se cache derrière ce silence.



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